The Lounge Lizards

Harlem Nocturne, by The Lounge Lizards

Vous ne connaissez pas The Lounge Lizards ? C’est bien possible, mais alors c’est dommage. Vous connaissez forcément John Lurie ! Non ? Un petit effort de mémoire, celui qui a joué dans le quatrième film de Jim Jarmush, vous savez, Down by law, avec ce bon Tom Waits et Roberto Begnini. Lui, le Lurie, c’est le leader, si on peut s’exprimer ainsi, du groupe The Lounge Lizards. Je vous parle de leur premier disque, sans titre. John au sax, son frère Evan aux claviers, etc… (sans le moindre mépris pour les autres). Producteur : Teo Macero, ceux qui s’intéressent à Miles Davis, au jazz en général connaissent.

Tout ça ne nous rajeunit pas. Le disque a été enregistré en 1980. On y retrouve l’influence, bénéfique, du grand Thelonious Monk, le pianiste qui ne savait pas nouer ses lacets mais qui a laissé une trace pas possible dans la musique de jazz. Thelonious Sphere Monk, à écouter d’urgence si ce n’est déjà fait. Deux titres de lui, deux reprises donc : Well you needn’t et Epistrophy. Mais Au contraire Arto, qui vient juste avant le premier des deux thèmes du Monk, et Demented, sont déjà pleins de son sens de la rupture et de l’étrangeté de certains de ses thèmes. De plus, plage onze, le thème Fatty walks, du point de vue du son du saxophone, n’est pas sans rappeler le magnifique Steve Lacy, saxophoniste soprano qui a tant rendu hommage à Monk. Il y a le jazz, donc, une partie de son histoire, mais aussi sa fâcheuse (on blague) tendance à innover, à chercher à faire du nouveau. Lurie, au saxophone, prouve, les musiciens du groupe se haussent sans difficulté à son niveau, ça groove. N’attendez pas de longues plages de chorus (solos), ça ne fonctionne pas ainsi, ou alors dans de courts moments d’acmé collective ou pour un petit billet de sortie de l’un ou l’autre des musiciens (très court, très rare). Ah, j’allais oublier, si vous écoutez le disque, le deuxième morceau est une reprise de Earle Hagen, un thème que vous reconnaîtrez de suite, Harlem Nocturne, un standard écrit en 1939 pour le Ray noble Orchestra. Les Lounge Lizards respectent la tradition, vous l’aurez compris, mais savent aussi la bousculer, en tout cas aller de l’avant. Allez, je ne vais pas vous faire faire le tour du disque, mais sachez que ça envoie, que ça groove, que ça innove, que ça fait bouger le corps, que ça s’hystérise un peu, parfois, mais avec une telle intelligence, une telle sensibilité, une telle maîtrise et une telle bonne énergie qu’il ne faut pas manquer ça si on a eu la chance jusqu’alors de l’ignorer : c’est l’occasion de découvrir un bon vieux « oldie but goodie » et ça, ça ne se refuse pas.

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