Nyarlathotep, H.P. Lovecraft

Petit recueil de nouvelles publié par L’Herne en 1996, nouvelles déjà publiées dans le Cahier de l’Herne consacré à Lovecraft en 1969, recueil qui me sembla l’objet idéal pour entrer en douceur dans l’œuvre d’un écrivain dont j’ignorais à peu près tout jusqu’alors, écrivain auquel je ne demandais pas mieux qu’attribuer ma sympathie, Nyarlathotep ne m’a sans doute pas donné envie de lire l’intégrale de l’un des maîtres du fantastique, non pas que ces textes soient mauvais, loin s’en faut, mais peut-être parce que l’ensemble m’a paru irrégulier, que certaines (bonnes) nouvelles de ce petit recueil (cinq nouvelles + deux textes anecdotiques) m’ont fait penser à Maupassant et au fantastique du XIXe siècle (ne boudons pas pour autant notre plaisir, ces deux nouvelles sont bonnes, répétons-le !). Bref, comme disait Pépin, commençons par évacuer, les deux derniers titres, Le Combat qui marqua la fin du siècle, petit texte potache écrit vraisemblablement par HPL, ou peut-être par l’un des ses amis de plume, qui relate un combat de boxe surréel entre deux mastodontes du noble art, qui se détruisent mutuellement plus qu’on ne pourrait l’imaginer, combat qui se termine par la mort d’un des deux belligérants, mais qui n’est à la fin pas vraiment mort, bref, texte dans lequel tous les personnages dont les noms sont fantaisistes renvoient aux amis de plume de la bande d’amis écrivains de HPL, texte à l’intérêt limité si longtemps après sa rédaction, et Ce qui doit se dire en vers, petit essai sur la poésie et ce qu’on peut se permettre quand on veut écrire des vers rimés. Le reste, dieu merci, a une toute autre allure. Nyarlathotep, qui donne sont titre au livre, est un très court texte, dont le style évoque celui de Borges et invite le lecteur à s’accrocher pour comprendre ce qu’il lit. Nyarlathotep vient de l’Egypte ancienne, on se bat pour aller l’écouter, le voir pour l’entendre délivré des messages venus de l’espace. Nyarlathotep annonce une période à venir angoissante et, quand il arrive dans la ville du narrateur, des événements étranges se produisent… Saisissant. Souvenir, le deuxième texte du recueil, est encore plus bref que le précédent. Là encore, on pense à Borges. Très beau texte sur l’espèce humaine, visiblement depuis longtemps disparue, dont deux êtres monstrueux, un génie et un démon, évoquent le souvenir. Jusque-là, Lovecraft me semble à la hauteur de sa réputation.

Le terrible Vieillard, qui suit ces deux premières courtes, très courtes nouvelles, est plus classique et commence à faire penser au fantastique du XIXe siècle. Il n’en est pas moins un très bon texte, dans lequel l’humour et la surprise sont au rendez-vous. L’Image dans la maison déserte, nouvelle plus conséquente par sa longueur, est un texte d’effroi, plus que d’horreur, que ma fille goûta fort dans sa prime jeunesse – elle était précoce – et dont elle me narra à l’époque – c’était du temps de son adolescence naissante – la fin, ne craignant pas de spoiler un texte dont elle pensait sans doute que je ne le lirai jamais. Erreur ! Dans le caveau est très nettement inspiré par la littérature du XIXe siècle et si on me l’avait donné à lire sous le nom d’auteur de Maupassant, je me serais fait prendre à ce jeu pervers. Très bon texte à chute, dont je ne dirai aucun mal, mais qui me semble daté.

Bref, je ne saurais vous dire ce que je pense de ce recueil de nouvelles de Lovecraft, l’auteur est sans nul doute un excellent auteur de textes de genre, sans doute du niveau d’un Poe, mais il me faudra sûrement lire d’autres de ces textes pour me forger un avis définitif. Il faut avoir l’humilité du débutant quand on est novice !

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