La Rose, de Robert Walser : substantifique moelle (1)

« Nous l’appelons Wladimir parce que c’est un nom rare et qu’en effet il était unique en son genre. Ceux qui le trouvaient drôle guettaient un regard, un mot de lui, et il en était avare. Médiocrement habillé, il se comportait avec plus d’assurance que vêtu avec recherche, et c’était au fond un être bon, qui n’avait d’autre tort que de s’inventer et de s’attribuer des défauts qu’il n’avait pas. Il était principalement méchant envers lui-même. N’est-ce pas impardonnable ? »

Ainsi commence ce recueil de textes brefs, le dernier ouvrage de Walser édité de son vivant, trente ans avant sa mort. On croit y voir un autoportrait de l’auteur lui-même. Il y est question des femmes, avec lesquelles le personnage semble ne pas avoir grand succès, même s’il les intéresse pourtant. Notre personnage est en tout cas un homme de bien, original et sympathique, à l’image de Walser, cela est certain. 

« Parfois il se conduit en viveur, fréquentant ce qu’on appelle des bistrots malfamés. Il est des gens qui l’en blâment, mais qui, eux-mêmes, voudraient bien s’amuser une fois, ce que ne leur permettent pas toujours les milieux qu’ils fréquentent. On l’a imité, mais cet être original reste ce qu’il est. L’imitation est d’ailleurs chose fort naturelle. » 

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