Le Bal des folles, Copi

Copi, l’écrivain argentin, est bien le dessinateur de presse que vous avez connu. Je dis ça, parce qu’en attaquant ce livre, je n’avais pas fait le lien entre les deux hommes. Son petit livre, Le Bal des folles, est un drôle de texte dans lequel le narrateur et le personnage principal sont Copi lui-même, balancé dans une intrigue à dormir debout, dans un univers qu’il décrit de façon humoristique, plein de transsexuels, d’homosexuels, bref de folles, qu’il croise à Paris, New-York, Ibiza ou ailleurs, d’une certaine Marilyn, sosie de la Monroe insupportable et dangereuse avec son boa new-yorkais qui plante ses crocs dans le mollet de Copi au cours d’une bagarre homérique avec sa propriétaire (coups de cendrier sur la tête, intervention du serpent, coup de poing dans la gueule, etc…) et envoie le narrateur à l’hosto où on le débarrasse de la tête du monstre restée fichée dans sa chair, histoire d’amour délirante avec un beau Romain, que la fameuse Marilyn toujours lui dispute, meurtres inexplicables, dont l’auteur est Copi, sans que cela ne déclenche une enquête, vies fantasmées, retours à la réalité, tout cela sur un rythme trépident, jusqu’au dénouement où il est question d’éditeur, de manuscrit à remettre dans les plus brefs délais. L’histoire se déroule dans les années soixante-dix (Copi est mort en 1987), on n’a pas le temps de s’ennuyer, on est dans une littérature underground, comme le milieu qu’elle décrit, qui ne se prend jamais au sérieux. C’est vraiment une autre époque, on n’imagine guère des écrivains commettre ce genre de texte aujourd’hui (encore que Pedro Lemebel ne s’en est pas privé en 2001, mais c’est déjà il y a vingt ans – voir critique de Je tremble, ô Matador, sur ce blog), c’est délirant au possible et loin d’être aussi inconsistant qu’on pourrait le penser à la lecture de cette chronique. Ce n’est pas non plus le plus grand livre du siècle, mais c’est sans prétention et plutôt réussi. Bref un roman qu’on peut sans doute lire à la plage ou derrière les vitres pendant l’été quand il pleut (pensons à nos amis normands ou bretons !).

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