L’ultime Auberge, Imre Kertész – Morceaux choisis

« Kafka, suite. Etait-ce un martyr ou était-il simplement maladroit ? C’était un écrivain génial, mais il ne se fie pas à ce qu’il écrit. Conscient de sa valeur, il reste d’une modestie dévastatrice. Les femmes l’adorent, mais il s’empêtre dans des amours malheureuses où, au lieu de satisfaction, il ne trouve qu’humiliation. Il apprécie la vie, on peut dire que c’est un hédoniste et pourtant il mène une existence d’ascète. De nature solitaire, il veut constamment se marier. Il fait de la gymnastique, s’adonne au jardinage pour entretenir sa santé, dort la fenêtre ouverte en hiver, pratique la marche à pied, la natation, mais contracte une maladie mortelle et meurt avant l’âge. – Destin émouvant, et on pense à Goethe pour se consoler. Il a lui aussi eu sa part de malheur, mais il a « mieux exploité » sa souffrance. Peu importe. Le personnage de Kafka, peut-être même plus que son œuvre, nous tourmentera toujours, et je me demande si ce n’est pas là son véritable héritage. » Imre Kertész, L’ultime Auberge

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