L’Heure noire (nouvelle)

Le crime aurait eu lieu à une heure inconnue, on ne pourrait que supputer, on tuerait, la nuit, et il y aurait une heure qu’on nommerait Heure Noire, avec majuscules de majesté, propice au meurtre, plus que les premières heures de la nuit ou le petit matin, dès cinq heures les véhicules de la voirie se mettraient en branle, avanceraient en faisceaux dans les rues, le meurtrier n’irait pas œuvrer sous le regard inquisiteur de leurs phares, car le geste de poignarder se fait avec emphase, lyrisme, il ne peut s’exercer que dans une nuit absolue, 

non, l’Heure Noire se situerait entre trois heures trente et quatre heures trente, quand tout dort, et il faudrait se méfier d’une ville qui ne dormirait que d’un œil, le meurtrier, pour rester invisible, choisirait donc l’Heure Noire, connue des policiers et du grand banditisme, mais il aurait laissé derrière lui un indice, un poignard de combat, à lame dentée, large, épaisse, galbée, longue, sur laquelle la Scientifique trouverait des traces d’ADN, qui livreraient, dans le cas où le meurtrier aurait un casier judiciaire, son identité, et la nature de l’arme parlerait d’elle-même, donnant une information essentielle, l’auteur de l’abominable meurtre de la rue des Bons enfants aurait à voir avec l’armée, seul un pro du combat à l’arme blanche achèterait pareil joujou, les surineurs moyens œuvrant avec des couteaux bas de gamme, et la valeur de ce poignard aurait été évaluée, l’expert aurait reconnu une arme venue des marchés parallèles de l’ex-URSS, l’achat d’un tueur, pas celui d’une petite frappe, même tamponnée par la Pénitentiaire, pas de doute, l’auteur du chef-d’œuvre macabre maîtriserait le corps-à-corps sanglant dans la jungle, les palais présidentiels africains, une rizière asiatique, car on peut combattre là, comme dans un temple bouddhiste, bref partout où ça pue la camarde, et même là où ça sent l’encens, mais l’enquête n’en serait qu’à ses préliminaires, le poignard aurait été dans un état impeccable malgré la violence et le nombre des coups portés, sa pointe en acier à haute teneur en carbone aurait rencontré des os sans s’en émousser, en l’absence de corps l’enquête le subodorerait, elle n’aurait pas besoin d’autres preuves pour se lancer sur une piste, le gabarit de l’arme suffirait bien, foi de flic de la Police Criminelle, et puis l’indice ostentatoire aurait signé le mode opératoire du tueur en série qui met ses limiers sur une piste, pour qu’ils le traquent, le reniflent, il laisserait donc derrière lui des traces pour les stimuler, les narguer et mieux les vaincre, car il serait sûr et certain de ne jamais faillir, de l’emporter sur les gars de la Crime, et de pouvoir poursuivre ses activités antisociales sans en être empêché par de médiocres représentants d’un ordre qu’il réprouverait, sans se soucier de laisser dans son sillage de bruit et de fureur quelques signatures plus discrètes, une poignée de cheveux, un fragment d’ongle, aussi pointilleux serait-il sur la coupe de ses ongles, aussi sourcilleux serait-il sur la longueur réglementaire de sa coupe de cheveux, un poil de sourcil, et comment être sourcilleux sur ses sourcils dans l’acte violent?… bref ces traces d’ADN que le criminel sèmerait à tous vents, sans oublier que sa victime en aurait largué tout autant, et faire le distinguo entre poils de tueur et poils de victime ne serait pas une sinécure, ces traces mèneraient au coupable si l’enquête se déroulait sans anicroches, ce qui serait étonnant – une telle information ne devrait pas être divulguée, l’opinion publique étant prompte à s’émouvoir d’une incapacité de la force publique de sécurité à régler les affaires criminelles, ce que craindraient par dessus tout les autorités compétentes, on ne se permettrait pas de les qualifier autrement –, mais le meurtrier se serait montré intrépide en oubliant sur les lieux du crime l’arme du même complément de nom, après quoi il aurait fait disparaître le corps, ce qui poserait la question du moyen utilisé pour le transporter, car comment penser qu’il l’aurait abandonné non loin du lieu du crime, sous une porte cochère, où la police l’aurait déjà retrouvé, cela manquerait de discrétion, il aurait donc utilisé une voiture, car comment penser qu’il l’aurait chargé sur son épaule pour l’emporter loin du lieu du crime, mais les enquêteurs pencheraient pour un moyen de locomotion plus rapide et maniable, une moto, équipée d’un side-car, car le corps d’un macchabée, même raidi par le froid de la mort, ne serait pas apte à se tenir droit sur le siège arrière d’une moto, il aurait suffi de le déposer à l’intérieur du side, de démarrer en trombe pour s’éloigner au plus vite, et de s’en débarrasser, la victime n’aurait donc pas connu cette moto, car dans le cas contraire elle l’aurait repérée et se serait inquiétée de la présence dans cette ruelle d’un homme qui ne la porterait pas dans son cœur, mais rien ne dirait après tout qu’ils se seraient rencontrés avant ce soir funeste, et dans cette hypothèse, cela poserait la question du mobile du crime, puisque sans mobile, sauf dans le cas d’un crime gratuit, il n’y aurait sans doute pas de crime, les crimes gratuits n’étant que littérature, il faudrait donc chercher un mobile, mais en l’absence des deux protagonistes, l’un et l’autre manquant encore à l’appel, comment deviner le mobile, si encore la brigade criminelle avait bénéficié de la collaboration d’un profileur, il vaudrait mieux parler d’un psycho-criminologue dont l’efficacité de l’intervention dans une enquête aussi emmêlée que celle-là serait douteuse, son travail intervenant en seconde position, juste après l’étude des indices, cela supposerait que le gendarme en question, en France les psycho-criminologues appartiendraient au Groupe d’Analyse Comportementale de la grande maison, fasse preuve d’une capacité à établir le profil d’un criminel a priori, et non a posteriori comme ce serait toujours le cas, il partirait donc de l’hypothèse de la profession du criminel et s’intéresserait à la population militaire de 4 500 hommes et femmes en activité dans notre ville, la diviserait en autant de régiments que présents ici, puisque la psychologie des militaires varierait en fonction de l’arme dans laquelle ils serviraient, un homme du 406e régiment du train n’aurait rien de commun sur le plan de la psychologie avec un homme du 37e régiment du matériel, et a fortiori avec un homme du 1er régiment étranger d’infanterie, le plus ancien régiment de la Légion Étrangère basée dans cette ville de garnison depuis quarante ans, ou d’un homme de l’école d’artillerie, ou encore de la brigade légère blindée, notre psycho-criminologue pourrait donc mettre de côté l’hypothèse de la présence le soir du crime, poignard en main, d’un homme du train, de la BLB ou de l’école d’artillerie, et privilégierait sans doute la piste d’un homme du régiment étranger d’infanterie, les archives de la ville en matière d’implantation des différents régiments témoignant des nombreux problèmes de violence liés à l’arrivée de soldats étrangers au passé douteux, prompts à dégainer un couteau dans le feu de l’action ou à mettre à sac un bar un soir de biture, autant de dérèglements qui mettraient un psycho-criminologue sur une piste même si elle s’avérait, après enquête, fausse, et cela impliquerait alors de revoir le profilage des régiments, en ne perdant pas de vue, cette fois, que les hommes d’un même régiment ne pourraient avoir une psychologie unique liée à leur corps d’arme et que, même s’il se trouvait un régiment au profil monolithique, un serial-killer jouerait la carte du camouflage psychologique, ce qui pousserait le psycho-criminologue à revoir sa théorie, considérant que l’arme ne fait pas le criminel et, connaissant l’impact désastreux d’Internet sur les esprits des surfeurs friands de sites vendeurs d’armes, il se dirait qu’elle aurait été achetée sur le darknet, où criminels et gens du milieu se fournissent en tout anonymat, et l’ébauche de profilage n’en serait pas plus avancée, on n’aurait toujours pas la moindre idée de la profession du tueur, et il faudrait reconnaître que la psychologie des amateurs d’armes blanches ne pourrait se réduire à un type, mais il serait convaincu du profil borderline du coupable, tenant compte de la violence des coups portés – il ne repousserait pas, toutefois, la possibilité d’utiliser pareille arme pour trancher proprement la gorge de la victime en une seule fois, d’un beau geste ample, à la façon dont un chef cuisinier tokyoïte trancherait la chair du fugu en un seul geste pour en faire un sashimi mortel –, tenant compte de l’oubli de l’arme sur les lieux du crime, il en conclurait à un trouble de la personnalité limite, pas à une psychose, car le psychotique, s’il retourne parfois sa violence contre les autres, ne le ferait jamais dans la préméditation qui semblerait avoir prévalu ici, tandis que le borderline se caractérisant par une instabilité des émotions, des relations interpersonnelles, pourrait se laisser déborder par des émotions négatives et en arriver à un tel acte, dans une crise obsessionnelle qui lui aurait laissé le temps de préméditer pour agir avec détermination et organisation, sans oublier le petit pas de côté habituel chez pareils sujets (la perte de l’arme), le criminel aurait agi sous le coup d’une émotion ressentie plus vivement que chez un sujet névrosé, et qui aurait donné naissance à une pulsion de mort, et, cette pulsion assouvie, il aurait sombré dans une dépression teintée de culpabilité, de là à se retirer de la vie sociale et à rester caché pendant plusieurs semaines, il n’y aurait qu’un pas que le borderline franchirait, le profil borderline du sujet serait donc établi, et le profileur en tirerait la conclusion qu’en présence de pareil dérangé, l’enquête risquerait fort de ne pas avancer, la faute à l’absence de registre de la population à trouble de la personnalité limite tenu par les hôpitaux psychiatriques ou les thérapeutes, puis il en viendrait à l’absence de corps, un casse-tête qui lui permettrait d’affiner sa réflexion, car un assassin qui prendrait la précaution de faire disparaître le cadavre et, dans le même mouvement, oublierait son arme sur le lieu du crime serait un citoyen dont la psyché pourrait passionner un profileur, il en viendrait donc à ce paradoxe de l’absence de corps et de la présence d’une arme pour en déduire que l’enquête mériterait d’être close jusqu’au moment où surgirait comme un diable de sa boîte le cadavre, mais un cadavre ne pourrait nullement surgir, et surtout pas comme un diable de sa boîte, encore que si le cadavre surgissait, ce serait comme un diable, puisque les cadavres surgissant seraient des zombies, dont la parenté avec les diables ne saurait être démentie, il s’en tiendrait là de cette dérive de sa pensée, considérant qu’il ferait mieux d’en finir avec sa journée de travail, sous peine de perdre son temps en conjectures oiseuses, ce qui irait à l’encontre de sa structure mentale perfectionniste, notre homme cherchant toujours à rendre une copie impeccable, il quitterait son bureau pour inaugurer un week-end consacré tout entier à reconstituer sa force de travail, quand ça ne veut pas, ça ne veut pas, se dirait-il en s’éloignant du poste de police et laissant le commissaire chargé de l’affaire remonter de façon comminatoire les bretelles de sa troupe d’inspecteurs, rien de tel qu’un bon coup de gueule quand le ministre vient de vous traiter comme un moins que rien au téléphone, le mépris et la colère, partis d’en haut, continueraient à ruisseler, en cascades de mots choisis, et le commissaire aurait assez de métier pour ne pas se leurrer sur l’efficacité d’un passage de savon à des hommes pour qui l’enjeu serait de taille, le poignard n’aurait pas parlé, pas de trace d’ADN, ni sur le manche ni sur la lame, le commissaire reporterait tous ses espoirs sur la découverte du corps, et il ordonnerait que toute la rue soit visitée entre le samedi et le dimanche, en particulier le squat du 12 qui abriterait un ramassis de marginaux, mais on lui répondrait qu’on y serait déjà allé, en pure perte, ce qui n’empêcherait pas d’y retourner histoire de s’assurer qu’on n’aurait pas raté un psychopathe en puissance, ou un grenier où le salopard aurait pu dissimuler l’élément central de l’affaire qui se montrerait sans doute plus bavard que le poignard, le médecin légiste saurait lui tirer les vers du nez à ce macchabée, et le commissaire n’en douterait pas, le meurtrier aurait laissé l’arme sur place pour le narguer, et il penserait à tous les malades qu’il aurait mis sous les verrous durant sa carrière, ordonnerait à un sous-fifre de se mettre en relation avec la pénitentiaire pour dresser la liste de ses anciennes « victimes » relâchées par l’administration, leur rendre une petite visite, avec interrogatoire de routine, et leur filer le train en douce ne nuirait en rien, car le commissaire ne manquerait pas d’idées de ce calibre, il aurait même commencé un roman policier dont le personnage principal lui ressemblerait, et l’inspecteur Lopin le lirait, mais ce ne serait pas encore le moment d’en parler, et le commissaire réfléchirait aux affaires les plus complexes, et comme le corps de la victime serait aux abonnés absents, il penserait que la ville n’aurait pas besoin d’une affaire comme celle-là, elle serait déjà au premier rang national des villes au top de la délinquance et la conjoncture politique serait défavorable au Président qui redouterait que les sondages rappellent que son action serait inefficace, et en quittant le commissariat, il songerait à cette drôle d’affaire, puis les inspecteurs, aux carrières à l’arrêt, passeraient la rue au peigne-fin, les indics du quartier n’auraient rien eu à balancer, sinon des dealers sans envergure à qui ils auraient volontiers collé un homicide sur le dos, mais vérification faite de leurs emplois du temps, ces « accusés-levez-vous » auraient eu des alibis en béton, même l’Allemand, un nouveau venu dans le quartier, petit blond à gueule d’ange et au teint pâle dont les manières montreraient qu’il serait incapable de faire du mal à une mouche, aurait bénéficié du témoignage d’une femme avec qui il aurait passé la nuit dans un hôtel où son nom serait dans le registre des réservations des chambres, il n’aurait pas été sur les lieux du crime cette nuit-là, à l’Heure Noire, mais quand même, se dirait le commissaire, comment le forcené s’y serait-il pris pour faire disparaître aussi facilement le macchabée, l’hypothèse d’un transport du corps en side-car pourrait à la rigueur tenir, on aurait pu dissimuler l’engin sous le porche du 13 pour y traîner le corps et l’emporter sans se faire remarquer jusque dans une campagne, le tueur aurait même pu poignarder sa victime sous le porche en l’y attirant par un stratagème et, là, ni vu ni connu j’t’embrouille, et que je te le bascule dans le side-car, referme la bulle sur lui, puis, profitant de la pente de la rue, sans démarrer, d’une vigoureuse poussée des jambes, faire rouler la moto au point mort pour mettre en route sur le boulevard et quitter la ville comme un citoyen lambda, oui, mais en même temps, ce qui tiendrait encore mieux, ce serait qu’il n’y aurait pas eu de crime cette nuit-là, par conséquent toute cette affaire n’aurait d’autre existence que fantasmatique, le commissaire et ses inspecteurs courraient après un ghost-killer, ça ferait un titre terrible pour un polar, ça, Le Ghost-killer, et il le noterait dans son carnet en moleskine noir, le même que celui d’Hemingway, qu’il noircirait de phrases et d’idées pour son roman, et le ministre s’emballerait pour rien, pas pour le roman, mais pour l’affaire, et la fin de carrière du poulet en serait ternie, alors, une fois à la retraite, il continuerait à investiguer pour son compte, tout en écrivant son roman, dont il viendrait de trouver le titre, un roman avec un enquêteur charismatique qui écrirait des polars, et ce serait très beau cette mise en abyme, et un dénouement inattendu qui laisserait le lecteur baba, bref le vieux flic obsédé par son affaire finirait par trouver le coupable, et il en irait de même dans son roman, il lui en aurait fallu de la sagacité pour en arriver là, et ce coupable, dont il aurait vérifié l’emploi du temps, qu’il aurait surpris à se contredire dans son récit, bafouillant, revenant sur ce qu’il viendrait de dire, inventant des raisons pour justifier ses oublis, ou ses mensonges, allez savoir, ce coupable, donc, il l’aurait acculé sans pitié, ç’aurait été pour lui une question d’honneur professionnel, et l’homme lui aurait donné du fil à retordre avant l’inculpation pour homicide dont il aurait confié la charge à son ancien bras droit, qu’il aurait appelé un soir, après la fin de l’interrogatoire, le suspect n’ayant pu se contredire sans reconnaître qu’il ne s’y retrouverait plus lui-même dans son récit, qu’il ne serait pas coupable, bien sûr, les coupables n’avoueraient jamais qu’ils le sont, mais qu’il ne serait pas capable de fournir une version plausible de son emploi du temps, et tout particulièrement pendant l’Heure Noire, et l’inspecteur Lopin prendrait l’affaire à son compte en annonçant au nouveau commissaire qu’il n’y aurait plus qu’à coffrer le meurtrier, qu’on obtiendrait des aveux complets, car ces gars-là, même les plus coriaces, finiraient toujours par cracher le morceau, Lopin espèrerait prendre du galon, et ce serait ainsi que le commissaire, l’homme qui aurait mené à bien cette enquête, se retrouverait face à l’inspecteur qui le cuisinerait pour tout lui faire avouer, il serait le meurtrier, et une fois craché le morceau, il reviendrait vite à sa passion, pour en faire une obsession quotidienne, pour écrire dans sa cellule ce texte qui existerait, ou pas, cela resterait à déterminer, tout comme l’inspecteur chercherait à déterminer l’identité de la victime, mais Moutin aurait beau fouiller sa mémoire, bon, il admettrait l’homicide, il ne faudrait pas non plus lui demander d’inventer un nom de victime, jamais il n’aurait rencontré coupable aussi peu coopératif que lui, aussi en appellerait-il à des méthodes plus radicales, comme pendant la guerre d’Algérie où il aurait œuvré pour le deuxième bureau, il suggérerait à l’inspecteur de muscler ses interrogatoires, mais cette lopette lui rétorquerait qu’il ne serait plus en position de lui donner des ordres, Moutin lui conseillerait alors d’acheter à un préposé à la morgue le corps d’un anonyme, et tout en se résignant à cet expédient, le soir, chez lui, Lopin lirait ce texte, finissant par se demander si le commissariat dans lequel il travaillerait depuis toujours ne serait pas pure fiction et si sa présence, justifiée par sa connaissance des affaires policières, dans le jury d’un concours de nouvelles noires organisé par une librairie de la ville ne serait pas onirique, au point de douter de tout, même de sa propre existence, si bien qu’il se lancerait dans une enquête sur lui-même, et il aurait le désagrément de ne pas trouver les pièces justificatives de sa naissance, et quand, s’adressant à la préfecture pour refaire ses pièces d’identité, celle-ci lui demanderait de fournir un extrait d’acte de naissance que sa municipalité d’origine ne pourrait pas lui délivrer, le secrétaire de mairie n’ayant rien au nom de Lopin, quand, lisant les dernières lignes de ce texte, fiévreux, il verrait sur le mur l’ombre d’une arme de combat se dresser au-dessus de son crâne et entendrait le rire du commissaire, il ne pourrait pas croire à pareil dénouement, et pourtant, touché par la lame, abandonné par l’auteur de ses aventures, fondu au noir de cette encre qui l’aurait fait naître puis disparaître, il sombrerait corps et âme dans le néant de son heure la plus noire, et son regard s’abîmerait à jamais en ce fatal point final.

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