Mac et son contretemps, Enrique Vila-Matas – Morceaux choisis 3

« Malamud a toujours eu droit à ma sympathie de lecteur. Il avait grandi parmi des agents d’assurance et c’est peut-être pourquoi il semblait appartenir à cette corporation. Le Malamud, qui rôde obstinément autour de la capacité qu’a, aussi incroyable qu’elle nous paraisse, l’être humain à s’améliorer, m’attire. Et aussi parce qu’il crée toutes sortes d’êtres discrets et gris aux airs d’agents d’assurance qui, à cause de ce quelque chose qui est en eux, essaient de s’engager à fond et, comme le protagoniste russe affligé et sombre de L’Homme de Kiev, mon roman préféré de l’auteur, deviennent de grands obstinés qui luttent toujours pour aller plus loin en tout.

Pour un débutant comme moi, Malamud, si gris et si tenace, peut servir de modèle parfait pour écrire constamment sans intention démesurée de se diriger quelque part, écrire en évitant de faire les efforts du « réparateur », le personnage de L’Homme de Kiev qui lutte en permanence pour évoluer. Malamud est un bon modèle pour moi, parce que ses héros se dépassent, en revanche, l’écrivain demeure au milieu de rochers gris et de chênes verts austères, toujours sans intention démesurée de se diriger quelque part, de s’éloigner de ses « savoirs discrets » sur l’art du récit. »

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