Le Métier d’écrivain, Hermann Hesse

Trop heureux de mettre la main sur ce petit livre consacré, en toute apparence, à la matière écrite, j’espérais bien y dégoter quelque(s) piste(s) de proposition d’écriture pour l’un ou l’autre de mes ateliers et m’attaquai derechef à sa lecture, plein d’enthousiasme et d’espoir. J’étais aussi bien heureux de renouer avec un auteur que j’ai lu avec avidité il y a des années, quand je n’avais pas encore vingt ans – il semble qu’Hesse soit une lecture de jeunesse. Las, l’enthousiasme fut de courte durée. Le premier article, Le Langage, me donna bien l’impression que j’avais mis la main sur un de ces bouquins qui me sont si souvent utiles. La puissance et les limites du langage, un bon thème d’atelier d’écriture en effet. Mais Hesse semble se satisfaire de l’idée proustienne selon laquelle un mot contient tout un univers. Qu’y a-t-il dans un mot, nous ressert-il, tout comme celui à qui il emprunte l’idée, bref, rien de bien neuf là-dedans. Le second article, Une nuit de travail, soupèse l’influence que le romantisme allemand aurait eu sur son écriture, et j’avoue que l’ennui s’est emparé de moi à la lecture de ce texte que j’ai fini péniblement, n’ayant que peu d’attirance, je le confesse, pour Novalis ou Hölderlin, et leurs biographies de l’âme. Le troisième article, de loin le moins attrayant du recueil, Notes sur l’écriture et la critique, finit par m’assommer tout bonnement, et j’en lus les dernières lignes avec soulagement. Le plaisir envisagé se dérobant constamment, je m’attaquai toutefois au quatrième et avant-dernier article, L’Esprit du romantisme, avec une appréhension certaine, qui ne se démentit pas et qui me conduisit finalement à un désintérêt grandissant, au point d’abréger bien vite ma souffrance en décidant d’en interrompre la lecture sans me préoccuper de savoir si je ratais quelques bons passages. Etre un bon lecteur n’impose en rien de se faire du mal à lire tout un livre sous prétexte qu’on l’a commencé ! Il était temps d’en finir une bonne fois pour toute avec Ecriture et écrits, un article dans lequel je trouvai une phrase qui me semblait destinée, quant à ma lecture de ces textes d’auteur sur le « métier » :

« Tout ce qui est écrit s’éteint plus ou moins vite, l’espace de quelques millénaires ou de quelques minutes.

Tous ces écrits, comme toute leur extinction, l’esprit universel les lit et en rit.

Pour nous, il est bon d’en avoir lu certains et d’en deviner le sens. »

Ce livre d’Hermann Hesse, cet écrit, s’est éteint en moi en quelques minutes, je l’avoue en toute humilité. Peut-être cela ne sera-t-il pas le cas pour vous, voilà pourquoi je vous invite à lire Le Métier d’écrivain, d’Hermann Hesse (prononcer Hesseu). Et s’il s’éteint en vous, ne venez pas m’en faire le reproche !

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